
Historique sur le Chanbara
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Le Sport Chambara est apparu au Japon il y a une vingtaine d’années. Son créateur est Monsieur TANABE Tetsundo, enseignant de Kendo à cette époque, qui s’occupait également de l’enseignement de la self défense à la police de Kanagawa.
Le nom d’origine est GOSHINDO, qui peut se traduire par « la Voix de la self-défense ». Ce qui est strictement du domaine du Sport Chambara est alors mélangé à des technique d’ATEMI et de PROJECTION.
Il y a 6 ans, Monsieur TANABE rebaptisa le GOSHINDO et l’appel SPORT CHANBARA. Il élimina de cette activité toutes les techniques de self-défense. L’origine du terme de « Chambara » est onomatopée du bruit des lames de sabres qui s’entrechoquent lors des combats simulés dans les films de capes et d ’épées japonais.
Cette activité est devenue un véritable jeu de divertissement sur la base d’un combat réel, avec une lame inoffensive. Le SPORT CHANBARA s’est alors développé très rapidement au point qu’en 1993, le gouvernement japonais l’a reconnu officiellement au sein d’une organisation d’état, dont le nom en Français s’apparente à « l’Association pour la Récréation et des Loisirs ».
Les armes du chanbara: PHOTOS du club de Bonnelle
TANTO(43cm)
KODACHI(60cm)
CHOKEN(100cm)
YARI(au-dessous de 210cm)
JHOU(au-dessous de 140cm)
BOU(au-dessous de 210cm)
Développement du Sport Chambara
Au Japon, il y a 150.000 licenciés. Les couches de population qui pratiquent cette activité vont du très jeunes âge ( 3/4/5 ans ), à l’âge adulte ( des pratiquants des arts martiaux japonais qui trouvent dans le SPORT CHANBARA la liberté d’expression et de réalité du combat qu’ils n’ont pas ailleurs).
Le nombre de clubs, scolaires et universitaires, a considérablement augmenté ces dernières années.
A l’étranger, l’essor du SPORT CHANBARA est encore restreint, parce qu’il s’agit d’une activité naissante, il existe cependant des groupements assez importants aux Etats-Unis, en Australie et en Corée.
Des compétitions internationales ont déjà eu lieu.
Points communs entre le KENDO et le SPORT CHANBARA
On peut dire que l’origine des deux activités est commune, puisqu’il s’agit de combat au sabre japonais.
Néanmoins, elles se trouvent opposées en ce qui concerne leur finalité première;
- Le KENDO est avant tout un ART MARTIAL traditionnel et une discipline de vie, alors que
- Le SPORT CHANBARA est une activité purement sportive et de loisirs.
Du point de vue technique, les notions d’opportunité et de distance sont très voisines, voire identiques dans certaines situations de combat au sabre.
Finalité du projet
La base du KENDO et du SPORT CHANBARA est commune, mais le SPORT CHANBARA peut compenser pour la plupart des jeunes la monotonie de l’apprentissage du Kendo à ses débuts. Le Kendo nécessite une certaine maturité que les jeunes occidentaux dans l’ensemble, n’acquièrent que tardivement et d’une manière très inégale.
Le but est de donner le goût du combat au sabre aux jeunes ( et moins jeunes ), pour qu’ensuite ceux qui cherchent une voie plus martiale, puissent venir pratiquer le kendo. Le matériel, plus léger, moins coûteux et la relation de combat immédiatement préhensile, est de nature à inciter à venir au kendo dès que leur niveau de maturité général sera accru.
Les « Débouchés pour le SPORT CHANBARA »
La population qui peut être intéressée va de 3 ans à l’âge adulte.
Il y a actuellement, plus de plus de 500 licenciés à l’AFSC qui n’a qu’une année d’existence et qui n’a pas désiré de développer davantage, eu égard aux liens très étroits qui l’unissent au kendo et à la Fédération Française de Judo.
On peut estimer que d’ici trois ans, il y aura entre 35 et 50 sections ou associations de SPORT CHANBARA et que le nombre de licenciés pourrait osciller entre 900 et 1200
LE CHANBARA SELON KENICHI YOSHIMURA
J'ai tenté de l'expliquer brièvement aux assises de Dijon et au congrès national extraordinaire à Paris, mais je sais que beaucoup d'entre vous restent sceptiques, ce qui est tout à fait compréhensible. Je comptais laisser aller les choses en pensant que tôt ou tard, les pratiquants finiraient par le comprendre Mais il y a quelques jours, j'ai fait une découverte très intéressante, que je voudrais vous rapporter, au cours de la lecture d'un livre; "Itto-ryu Gokui" (Essence d'Itto-Ryu) publié en 1965 par Maître SASAMORI Junzo (1886-1976), maître successeur de l'école d'Itto ryu, que tous les grands maîtres japonais actuels connaissent et dont certains on été les disciples. Voici les deux passages qui nous intéressent: (p332-333) –
Utilisation du " fukuro shinai"
On choisit un bâton de bambou de 90 cm de long
et de 3 cm de diamètre, on le fend en32
lames sauf la partie du manche, on le recouvre
d'une gaine de tissu (fukuro) et on place une tsuba à la séparation de la lame et du manche. Avec ce fukuro
shinaî, on apprenait
aux élèves d'abord la série entière des figures du Kumidachi (kata) en respectant l'ordre d' exécution des attaques - défenses
jusqu'à ce qu'ils les
assimilent complètement. Puis, on leur
laissait faire des assauts libres,
entre eux, sans s'occuper des
ligures codifiées. Ainsi, l'école Ryu apprenait, avec le fukuro-shinai les kumidachi "Juniten Makikaeshi" ou "Kyuko no rachi" aux élèves sans protection et leur permettait des assauts libres, ce qui intéressa beaucoup de inonde et cette méthode fit très rapidement augmenter le nombre de pratiquants. Le fukuro shinai est très pratique pour l'entraînement, car il permet de frapper réellement le partenaire sans le blesser, et on arrive à apprendre efficacement
l'attaque-défense et des différentes techniques
physiques et mentales. Son utilisation
convient pour les enfants, les débutants
et les femmes ainsi que pour les pratiquants exercés; comme il n'y a pas de protection, les frappes sont réelles, sincères et
proches de celles du combat réel, ce
qui permet aux pratiquants d'atteindre un très haut niveau. P335-336)
.Dans la
pratique du kendo avec protection, les frappes hors
protection ne sont pas reconnues comme points
valables. Ainsi, l'adoption de la protection
qui est pratique pour l'entraînement a complètement transformé
les techniques du sabre
qui, au départ, dans des conditions extrêmes,
déterminaient la vie ou la mort et en a
fait un sport qui réglemente les parties du
corps à frapper. Autrement dit, le kendo interdit
certaines techniques qui étaient utilisées
avec un vrai sabre telles que viser les
fentes de l'armure ou du casque, trancher
les articulations, transpercer en passant
sous l'armure, etc. L'armure d'aujourd'hui
conditionne la pratique; en outre, le kendo, en
garantissant la sécurité de la pratique, a laissé se créer des gestes impossibles avec un vrai sabre : poser son shinaï sur l'épaule ou le bras de l'adversaire, le coincer sous son bras, pencher la tête pour éviter de recevoir le coup sur le casque mais le recevoir sur la carotide à la place. Naturellement ce n'est pas
l'ippon, puisque c'était sur le cou et non pas sur la tête. Evidemment ce n’ai pas le Kote
ippon non plus, puisque c’était le point, le coude, le bras trop haut…. Bien
sûr je ne suis pas battu, puisque le
stuki était au cœur non pas à la
gorge Les règles du combat de kendo qui utilise l'armure et le shinaï sont vraiment très éloignées de la réalité du vrai combat
guerrier et, même le dénaturent. Si vous
voulez apprendre un kendo réellement traditionnel,
d'une dimension plus élevée, plutôt qu'un sport, vous devez absolument apprendre les kumidachi des vieilles écoles qui nécessitent l'utilisation du vrai sabre, le hahiki (le sabre dont le tranchant est arrondi) et le bokuto
Après
cette lecture, j'ai conclu que je voyais finalement
juste en trouvant de l'intérêt au sport
chanbara; sa pratique chez les débutants mise à
part, une pratique de qualité doit se placer
entre les kumidachi des vieilles écoles et
le kendo d'aujourd'hui. C'est
effectivement ce que j'ai senti quand je l'ai pratiqué. Le fukuro-shinai souple cité dans les passages ci-dessus n'est rien d'autre que le bâton du chanbara! Er, déjà avant 1965 Maître Sasamori déplorait la dénaturation sportive du kendo ! Ce n'est plus le propos du petit Yoshimura, mais celui du grand Maître Sasamori. je suis encore plus persuadé aujourd'hui que la pratique d'un sport chanbara de qualité nous permettra de retrouver les éléments presque disparus du véritable combat au sabre. 'Tous les gestes physiques sont déterminés, limités ou modifiés par l'équipement ou le matériel qu'on utilise, indépendamment de notre volonté. Le kendo d'aujourd'hui a sa parfaite raison d'être et je suis le premier à l'admirer. Mais il ne faut pas fermer les yeux sur l'apparition de pratiques indésirables dans le kendo (surtout au Japon et chez quelques Français contaminés !) à cause de cette contrainte matérielle. Pour moi, pratiquer de temps en temps le sport chanbara compensera les défauts du kendo d'aujourd'hui. Pour préserver la qualité d'une discipline traditionnelle, il faut toujours se référer à son origine. Le sport chanbara, contrairement à son apparence et son appellation modernes est
plus proche du
kumidachi que le kendo, et il servira ainsi de pont entre le kata et le kendo que l'on a du mal à rapprocher. Je
suis persuadé que la pratique
Kata-chanbara-kendo nous donnera un équilibre et nous fera mieux comprendre la voie du sabre